Loi de finances 2026
La loi de finances pour 2026, n°2026-103, a été définitivement adoptée le 2 février 2026. Elle a été promulguée après examen des saisines devant le Conseil Constitutionnel, le 19 février 2026. Zoom sur les principales mesures fiscales concernant les particuliers et les entreprises.
1. Mesures pour les particuliers
1.1 Revalorisation du barème de l’IR
Afin de tenir compte de l’inflation, les tranches du barème de l’IR sont finalement revalorisées de 0,9% chacune. Le barème pour l’imposition des revenus de l’année 2025 est le suivant :
- N’excédant pas 11 600 € : 0%
- De 11 600 € à 29 579 € : 11%
- De 29 579 € à 84 577 € : 30%
- De 84 577 € à 181 917 € : 41%
- Supérieure à 181 917 € : 45%
Par ailleurs, la limite de déduction des pensions alimentaires versées aux enfants majeurs est portée de 6 794 € à 6 855 € et le plafonnement des effets du quotient familial passe de 1 791 € à 1 807 € par ½ part.
Il en est de même pour tous les seuils, indices et plafonds, et les tranches des taux par défaut du PAS.
1.2 Exonération des pourboires
L’exonération d’IR et de cotisations sociales concernant les pourboires qui a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2025 dans un premier temps est de nouveau prolongée jusqu’au 31 décembre 2028, pour les salariés dont la rémunération
n’excède pas 1,6 fois le SMIC.
1.3 Réduction d’impôt pour dons
La réduction d’impôt pour dons des particuliers de l’article 200 du CGI fait l’objet d’un rehaussement de son plafond déductible. Les dons ouvrant droit à une réduction d’impôt à hauteur de 75 % bénéficient d’un plafond de déduction de 2 000 € contre 1 000 € auparavant. Elle concerne les dons versés depuis le 14 octobre 2025 :
- aux organismes sans but lucratif procédant à la fourniture gratuite de repas à des personnes en difficulté,
contribuant à favoriser leur logement ou procédant, à titre principal, à la fourniture gratuite de soins à des personnes en difficulté ; - aux organismes d’intérêt général qui, à titre principal et gratuitement, accompagnent les victimes de violence domestique ou contribuent à favoriser leur relogement.
1.4 CDHR
Instaurée par la loi de finances pour 2025, elle ne devait s’appliquer qu’au titre de l’imposition des revenus 2025. La loi de finances proroge son application jusqu’à l’imposition des revenus de l’année au titre de laquelle il est constaté
un déficit inférieur à 3% du PIB.
Le mécanisme d’acompte entre le 1er décembre et le 15 décembre de l’année d’imposition est pérennisé.
Le revenu fiscal de référence (« RFR ») sera déterminé sans qu’il soit fait application des règles de quotient de l’article 163-0 A du CGI en matière d’impôt sur le revenu1. Les revenus répondant à la définition de revenu exceptionnel sont pris en compte pour ¼ de leur montant dans le RFR retraité, qu’ils aient ou non bénéficié du système du quotient en matière d’impôt sur le revenu. Parallèlement, l’IR retraité se rapportant à ces mêmes revenus sera retenu pour ¼ de son montant.
Par ailleurs, la loi prévoit des ajustements en cas de modification de la situation familiale ou en cas de transfert du domicile fiscal.
Enfin, la CEHR à retenir est minorée de la part de son montant se rapportant aux éléments venant diminuer le RFR « retraité » et la CEHR se rapportant aux revenus exceptionnels est retenue pour le quart de son montant.
1.5 PFU et option pour le barème de l’IR
L’option pour le barème de l’IR n’est plus une option irréversible. Il sera possible de revenir au PFU par voie de déclaration rectificative. Cette mesure s’applique à compter de l’imposition des revenus 2026 déclarés en 2027.
1.6 Crédit d’impôt « services à la personne »
Pour les personnes âgées, handicapées ou qui ont besoin d’une aide personnelle à domicile, la livraison de repas à domicile est désormais considérée comme un service fourni à la résidence du contribuable et non à l’extérieur.
Les services rendus à l’extérieur du domicile doivent être compris dans un ensemble de services incluant des services à domicile. Suite à la LF 2026, pour être éligibles, , ils doivent être fournis par un même salarié, association, entreprise ou organisme. Par ailleurs, le montant des services fournis à l’extérieur ne doit pas excéder le montant des services fournis au domicile.
Ces dispositions entrent en vigueur à compter de l’imposition des revenus 2026.
1.6 Crédit d’impôt « services à la personne »
Pour les personnes âgées, handicapées ou qui ont besoin d’une aide personnelle à domicile, la livraison de repas à domicile est désormais considérée comme un service fourni à la résidence du contribuable et non à l’extérieur.
Les services rendus à l’extérieur du domicile doivent être compris dans un ensemble de services incluant des services à domicile. Suite à la LF 2026, pour être éligibles, , ils doivent être fournis par un même salarié, association, entreprise
ou organisme. Par ailleurs, le montant des services fournis à l’extérieur ne doit pas excéder le montant des services fournis au domicile.
Ces dispositions entrent en vigueur à compter de l’imposition des revenus 2026.
1.7 Aménagement du régime de l’apport-cession
Le régime de l’apport cession, qui conduit à constater un report d’imposition de la plus-value sur titres, fait l’objet de divers aménagements dans la LF pour 2026. En cas de cession par la société des titres apportés dans les trois ans de l’apport. Le délai de réinvestissement est porté de deux à trois ans et le seuil de réinvestissement est porté de 60 % à 70 % du produit de la cession. Les activités financières et immobilières sont exclues des investissements éligibles. Enfin, la durée de détention des réinvestissements est portée de 1 an à 5 ans.
Concernant la durée de détention en cas de donation, le donataire devra conserver les titres pendant une durée portée à 6 ans contre 5 ans, ou à 11 ans (en cas de réinvestissement) contre 10 ans actuellement.
Ces différentes modifications s’appliquent à compter des cessions qui interviennent dès le lendemain de la publication de la loi.
1.8 Nouveau statut de bailleur privé
Ce dispositif, qui a vocation à remplacer les dispositifs de réduction d’impôt tel que le Pinel, s’applique :
– aux acquisitions de logements neufs ou en VEFA dans un bâtiment d’habitation collectif ;
– aux acquisitions de logements dans un immeuble d’habitation collectif qui font ou ont fait l’objet de travaux concourant à la production ou à la livraison d’un immeuble neuf, ou pour lesquels les travaux d’amélioration représentent au moins 30 % du prix d’acquisition, qui satisfont aux critères d’une réhabilitation lourde.
Le logement doit être situé en France et doit être affecté à la location intermédiaire, sociale ou très sociale. Les investissements pourront être faits via une SCI à l’IR.
Les conditions de la location sont les suivantes :
– engagement de location pendant 9 ans minimum ;
– location nue, occupée à titre de résidence principale par les locataires ;
– plafonnement des ressources des locataires sont à respecter ;
– interdiction de louer à une personne de son foyer fiscal ou à un proche ;
– plafonnement des loyers.
La mise en location doit intervenir dans les 12 mois de l’acquisition de l’immeuble ou de son achèvement ou de l’achèvement des travaux.
Le dispositif du bailleur privé permet de déduire de ses revenus fonciers un amortissement, calculé sur le prix d’acquisition du logement net de frais, majoré le cas échéant du montant des travaux et diminué de la valeur du foncier représentant 20 % du prix d’acquisition net de frais.
Les taux d’amortissements sont les suivants :

Le point de départ d’amortissement est :
– Le premier jour du mois de l’achèvement de l’immeuble, ou de son acquisition si elle est postérieure ;
– Le premier jour du mois de l’achèvement des travaux, ou de la date d’acquisition si elle est postérieure.
La déduction est plafonnée à 8 000 € par an et par foyer fiscal. Ce plafond est porté à 10 000 € si au moins 50 % des loyers relèvent du social et à 12 000 € dans le secteur très social.
Le non-respect des conditions entraîne la réintégration des amortissements déduits sauf en cas de décès, licenciement
et invalidité.
En cas de cession du bien, la plus-value est calculée en prenant le prix d’acquisition diminué des amortissements déduits des revenus fonciers.
Ce nouveau dispositif s’applique aux acquisitions réalisées à compter du lendemain de la publication de la loi jusqu’au 31 décembre 2028.
1.9 Plafond des déficits fonciers
Le plafond des déficits fonciers imputables sur le revenu global à hauteur de 21 400 € en cas de travaux de rénovation énergétique pour les « passoires thermiques » est prorogé pour les dépenses payées jusqu’au 31 décembre 2027.
2. Mesures pour les entreprises
2.1 Revalorisation des seuils du régime micro-entreprise
Les seuils du régime micro-entreprise sont révisés triennalement. A compter de 2026 et jusqu’en 2029, les seuils micro seront les suivants :
– micro BIC :
• prestations de services : 83 600 €
• ventes de marchandises : 203 100 €
– micro BNC : 83 600 €
– micro BA : 129 200 €
2.2 La taxe sur les holdings
Cette nouvelle taxe instaurée par la loi de finances pour 2026 concerne les sociétés françaises, ayant leur siège en France, soumises à l’IS ou les sociétés étrangères soumises à un impôt équivalent. Les sociétés entrant dans le champ d’application sont celles :
– Ayant une valeur vénale globale des actifs d’au moins 5 millions d’euros ;
– Détenues par au moins 50 %, directement ou indirectement, par une personne physique (au travers du groupe familial) ou y exerçant en fait le pouvoir de décision et résidant en France lorsque la holding est établie à
l’étranger ;
– Percevant des revenus passifs représentant plus de 50 % des produits d’exploitation et des produits financiers,
hors reprises de provisions et amortissements. Les revenus passifs sont définis comme étant des dividendes, des produits de placements à revenus fixes (intérêts), des redevances de droits de propriété industrielle ou
intellectuelle, des loyers, …
Pour apprécier la détention par une personne physique, la notion de personne physique est définie comme suit :
– Une personne physique et son conjoint ou partenaire de PACS ou concubin notoire, ainsi que leurs ascendants, descendants, frères et sœurs ;
– Une personne titulaire de droits de vote ou financiers dans une société et ses associés en vertu d’un accord engageant à une unité de vote en matière de politique de distribution.
Dans tous les cas, il est fait masse des droits financiers ou de vote détenus directement ou indirectement par chacune des personnes concourant à la « personne physique ».
L’assiette de la taxe est constituée de la valeur vénale des actifs dits « somptuaires » à la date de clôture. Il s’agit :
– Des biens affectés à l’exercice de la chasse ou de la pêche ;
– Les véhicules qui ne sont pas affectés à une activité professionnelle et les véhicules de tourisme au sens des taxes sur l’affectation des véhicules à des fins économiques ;
– Les yachts, bateaux de plaisance, aéronefs ;
– Les bijoux et métaux précieux (à l’exclusion de ceux affectés à l’exploitation d’un musée ou d’un monument historique ou exposés dans un lieu accessible au public ou aux salariés de la société, à l’exception de leurs bureaux) ;
– Les chevaux de courses et de concours
– Les vins et alcools ;
– Les logements occupés à titre gratuit ou pour un loyer inférieur et les logements loués fictivement à la personne contrôlant la société.
Pour les immeubles, il est possible de déduire les dettes qui sont limitativement listées, notamment les prêts sans terme, ou remboursables à terme.
Si les biens sont affectés à l’activité professionnelle, ils seront exclus de l’assiette taxable.
Elle est due au taux de 20 % et ne sera pas déductible de l’IS. Attention, pour les sociétés étrangères, la taxe est due par la personne physique et non par la société.
La taxe est due au titre des exercices clos à compte du 31 décembre 2006.
2.3 Contribution exceptionnelle sur l’IS
Cette contribution est étendue aux deux premiers exercices clos à compter du 31 décembre 2025, et non plus au seul premier exercice clos. Le chiffre d’affaires de 1Md € passe à 1,5Md € à compter du second exercice, sortant du champ d’application les ETI.
2.4 Les titres de participation
Concernant les titres de participation relevant du régime d’exonération des dividendes, dit « régime mère-fille », il est à présent possible de les inscrire dans une subdivision spéciale d’un des comptes titres, quelle que soit leur qualification comptable. Cela vaut désormais présomption irréfragable d’éligibilité au régime d’exonération des plus values long terme sur titres de participation.
Cette modification s’applique à compter des exercices clos au 31 décembre 2025.
2.5 Entreprise individuelle (« EI ») ayant opté à l’IS
Les EI qui optent pour leur assimilation à une EURL et deviennent soumises à l’IS peuvent désormais bénéficier du régime de report d’imposition des plus-values qui leur est propre, à l’article 151 octies D du CGI. Il s’agit d’un régime optionnel permettant un report d’imposition des plus-values similaires à ce qui est prévu à l’article 151 octies du CGI
pour les apports d’EI à l’IR à une société à l’IS. L’option devra être formulée au service des impôts avant la fin du 3ème mois de l’exercice au titre duquel on souhaite être à l’IS.
La loi prévoit également un régime de report d’imposition des plus-values en cas d’apport d’une branche complète d’activité ou d’apport du patrimoine d’une EI à l’IS à une société à l’IS. Ce mécanisme est prévu à l’article 210 E bis du CGI.
Ces dispositions s’appliquent aux options ou aux apports réalisés compter du 1er janvier 2026.
2.6 Définitions du LMP pour les non-résidents
La LF pour 2026 modifie l’appréciation d’une des conditions permettant la qualification de LMP pour les non-résidents. Afin de savoir si les loyers tirés de la location meublée sont supérieurs aux autres revenus, sont désormais pris en compte les revenus d’activité soumis à un impôt équivalent à l’IR français dans l’Etat de résidence du contribuable.
Ces dispositions s’appliquent à l’impôt sur le revenu dû au titre de l’année 2026.
2.7 Amortissement des fonds commerciaux
La possibilité d’amortir le fonds commercial instaurée par la loi de finances pour 2022 est prorogée pour tous les fonds acquis jusqu’au 31 décembre 2029.
2.8 Régime de zones
2.8.1 QPPV : quartier prioritaire de la politique de la ville
Le régime d’exonération des ZFU ayant pris fin au 31 décembre 2025, il est instauré un nouveau régime optionnel dans les QPPV. Il s’applique aux créations et reprises d’activité entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2030 aux entreprises répondant à la définition des petites entreprises au sens communautaires. Il prévoit une exonération totale
d’impôt sur les bénéficies pendant 5 ans, puis un abattement dégressif de 60 %, 40 % et 20 % respectivement les 6ème, 7ème et 8ème année, avec des exonérations d’impôts locaux sous conditions. Les avantages fiscaux devront respecter le règlement des aides de minimis.
2.8.2 ZRR, ZFRR
La LF pour 2026 prévoit un aménagement concernant les entreprises non sédentaires dans les ZRR et ZFRR. La condition d’implantation est respectée dès lors que l’entreprise ne réalise pas plus de 25% de son CA en dehors des zones.
Prolongation jusqu’au 31 décembre 2029 des effets du régime ZFRR dont bénéficient les communes classées en ZRR au 30 juin 2024.
2.9 Les bénéfices agricoles
2.9.1 Déduction pour épargne de précaution (DEP)
La DEP est prorogée jusqu’au 31 décembre 2028 avec les aménagements suivants :
-la notion de risque est remplacée par celle d’un aléa ;
– précision concernant l’apparition d’un foyer de maladie animale ou végétale ou d’un incident environnemental qui remplissent les conditions pour ouvrir droit à une indemnisation : il faut constater des pertes économiques.
2.9.2 Indemnités perçues lors de l’abattage des animaux d’un cheptel affectés à la reproduction
La loi créé un régime d’exonération d’impôt sur le revenu au titre des années 2025 à 2027 et d’IS au titre des exercices ouverts entre le 1er janvier 2025 et le 31 décembre 2027 au titre de l’indemnité perçue pour l’abattage de certains animaux.
2.9.3 Crédit d’impôt agriculture biologique
Le CI en faveur de l’agriculture biologique est prolongé jusqu’au 31 décembre 2028.
2.9.4 Instauration d’un nouveau crédit d’impôt
La loi instaure un nouveau crédit d’impôt au titre des dépenses de mécanisation collective. Il s’appliquera sur les dépenses engagées par les entreprises agricoles au titre de l’utilisation des machines et du matériel agricoles et forestiers qui leur sont facturées par les coopératives d’utilisation de matériel agricole, agréées dont elles sont adhérentes. Il est d’un taux de 7,5 % et est plafonné à 3 000 € par entreprise par année civile.
2.10 Mesures diverses prorogées

3. Droits d’enregistrement : aménagements du Pacte Dutreil
La loi prolonge de 4 à 6 ans la durée de l’engagement individuel et prévoit une exclusion de la fraction de la valeur vénale des parts ou actions des biens dits « somptuaires » qui ne sont pas exclusivement affectés par la société à une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale, pendant une durée d’au moins trois ans avant la transmission ou, à défaut, depuis leur acquisition et jusqu’à la fin de l’engagement individuel ou, à défaut, jusqu’à sa cession.
Ces nouvelles dispositions s’appliquent aux transmissions à titre gratuit effectuées à compter du lendemain de la
publication de la loi.
4. Logiciels de caisse certifiés
La loi prévoit le retour à l’auto certification des logiciels de caisse qui avait été supprimée par la loi de finances pour 2025.